Premier album ouvertement chrétien de Dylan, Slow Train Coming frappe par sa production soignée — signée Jerry Wexler et Barry Beckett — et par le jeu de Mark Knopfler et Pick Withers, de Dire Straits.

Converti au christianisme évangélique après une expérience mystique vécue lors d'une étape de tournée à Tucson, Dylan bascule avec Slow Train Coming dans un répertoire entièrement dévotionnel — le premier d'une trilogie de trois albums consécutifs qui va profondément diviser son public entre 1979 et 1981.
Le disque bénéficie pourtant d'une des productions les plus soignées de sa carrière, confiée à Jerry Wexler et Barry Beckett, piliers du son soul de Muscle Shoals, et porté par la guitare de Mark Knopfler, alors au sommet du succès de Dire Straits. Gotta Serve Somebody, single d'ouverture, égrène une liste de professions et de statuts sociaux pour asséner que chacun, quel que soit son rang, doit choisir son camp spirituel — le titre vaudra à Dylan son premier Grammy Award, dans la catégorie meilleure performance vocale rock masculine.
En concert, Dylan refuse pendant plusieurs mois de jouer la moindre chanson antérieure à sa conversion, provoquant des scènes de tension inédites avec un public venu pour entendre ses classiques et confronté à des prêches improvisés entre les morceaux — un choix radical qui confirme la sincérité totale de son engagement religieux du moment.
Si l'album déconcerte une large partie de la critique rock, qui y voit un dogmatisme inattendu chez l'auteur naguère si ambigu de Highway 61 Revisited, il obtient un net succès commercial et reste, sur le plan strictement musical, considéré comme le plus abouti des trois disques de la période chrétienne de Dylan.
Enregistré au Muscle Shoals Sound Studio, en Alabama, en mai 1979, quelques mois après la conversion de Dylan à une église évangélique.
Gotta Serve Somebody, avec son refrain sans équivoque, devient un hit et vaut à Dylan son premier Grammy. Le disque divise un public qui ne reconnaît plus l'ancien prophète folk.