Street-Legal précède la tournée mondiale de 1978 : un son ample, des chœurs féminins et une écriture traversée par l'inquiétude. Señor (Tales of Yankee Power) en est la pièce maîtresse.

Enregistré au sortir d'un divorce éprouvant d'avec Sara Lownds et d'une tournée mondiale éreintante, Street-Legal adopte une production plus dense, presque soul, portée par des chœurs féminins et des cuivres qui tranchent avec le dépouillement de Desire — un choix de studio que Dylan regrettera partiellement, jugeant après coup le mixage trop chargé.
Changing of the Guards et Señor (Tales of Yankee Power) déploient une imagerie apocalyptique et énigmatique qui préfigure, avec le recul, le vocabulaire religieux que Dylan adoptera pleinement l'année suivante sur Slow Train Coming — le disque se situe exactement à la charnière entre la période séculière et la période de conversion évangélique qui va suivre. Is Your Love in Vain? et True Love Tends to Forget prolongent, dans un registre plus feutré, l'introspection amoureuse entamée sur Blood on the Tracks.
L'accueil critique aux États-Unis reste tiède, la production jugée trop lisse par une partie de la presse rock ; le disque trouve en revanche un écho plus favorable en Europe, où il se classe en tête des ventes au Royaume-Uni.
Rétrospectivement, Street-Legal fonctionne comme le dernier disque « profane » d'une décennie que Dylan referme, quelques mois plus tard, par une conversion au christianisme évangélique qui va bouleverser radicalement la tonalité de ses trois albums suivants.
Enregistré à Santa Monica en avril 1978 avec le groupe qui accompagnera la tournée. La production, critiquée pour sa lourdeur, a été retravaillée lors de la réédition de 1999.