Deuxième volet de la trilogie gospel, Saved est le disque le plus frontalement chrétien de Dylan : des chants de louange, une ferveur intacte, et une production enregistrée dans la chaleur du moment.

Deuxième volet de la trilogie évangélique, Saved pousse plus loin encore l'engagement religieux affiché sur Slow Train Coming, jusqu'à l'exclusivité totale : aucune chanson séculière, une pochette représentant littéralement une main divine tendue vers des fidèles en adoration, et un ton de témoignage de conversion assumé du premier au dernier morceau.
Enregistré rapidement à Muscle Shoals avec la même équipe que l'album précédent, le disque s'appuie sur un groupe de gospel chevronné et des chœurs féminins puissants, dans une veine plus directement soul et church music que le rock plus feutré de Slow Train Coming. Le morceau-titre et In the Garden déploient un lyrisme dévotionnel sans la moindre distance ironique — une sincérité qui déroute une bonne partie de son public habituel, plus habitué à l'ambiguïté constante de son écriture antérieure.
L'accueil critique et commercial est le plus froid de toute sa carrière jusque-là : le disque se vend nettement moins bien que son prédécesseur, et une partie de la presse musicale, jusque-là indulgente envers la conversion de Dylan, commence à exprimer une franche lassitude face à ce qu'elle perçoit comme un prosélytisme appuyé.
Considéré aujourd'hui comme le disque le plus radical et le moins nuancé de la période chrétienne, Saved reste pourtant un document sincère d'un moment de foi absolue chez un artiste dont l'œuvre entière, avant et après, se sera pourtant construite sur l'ambiguïté et le refus des certitudes.
Enregistré à Muscle Shoals en février 1980 avec le groupe des tournées gospel. L'album, mal reçu par la critique, est resté l'un des plus méconnus de la carrière de Dylan.