Album inégal et éparpillé, Knocked Out Loaded vaut surtout pour Brownsville Girl, chanson de onze minutes coécrite avec Sam Shepard, tenue pour l'un des joyaux cachés de Dylan.

Assemblage disparate de sessions éparses, de reprises et de collaborations extérieures, Knocked Out Loaded est généralement considéré comme le point le plus bas de la discographie studio de Dylan dans les années 1980 — un jugement que la présence d'un titre exceptionnel, Brownsville Girl, coécrit avec le dramaturge Sam Shepard, vient nettement nuancer.
Brownsville Girl, plus de onze minutes, déploie un récit labyrinthique mêlant souvenir de western, road trip halluciné et méditation sur le temps qui passe, dans une des architectures narratives les plus ambitieuses de toute la carrière de Dylan — un sommet d'écriture noyé dans un disque par ailleurs jugé mineur, y compris par les admirateurs les plus indulgents. Le reste de l'album, entre reprises inégales et collaborations improvisées avec Tom Petty ou les Queens, manque nettement de la cohérence qui caractérise les meilleurs disques de Dylan.
L'album illustre une période de flottement artistique et personnel plus large : Dylan, alors âgé d'une quarantaine d'années, traverse selon ses propres mots ultérieurs une crise de sens quant à sa pratique musicale, qu'il ne surmontera durablement qu'à la toute fin de la décennie.
Malgré son statut de disque mineur, Knocked Out Loaded reste régulièrement cité par les admirateurs les plus attentifs pour la seule présence de Brownsville Girl, considérée comme l'une des grandes réussites méconnues de toute son œuvre.
Enregistré en 1986 avec de nombreux collaborateurs, dont Tom Petty et les Heartbreakers. Brownsville Girl, récit cinéphile et vagabond, est le morceau que la critique retient d'un disque par ailleurs mal reçu.