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Anecdote · 1962–aujourd'hui

Les voix de Dylan

D'une décennie à l'autre, la voix de Dylan change presque au point de devenir méconnaissable. Le nasillement pincé des débuts, calqué sur celui de Woody Guthrie, laisse place en 1969 au crooning posé et grave de Nashville Skyline — Dylan expliquera avoir simplement arrêté de fumer. Les années 1970 la font gagner en ampleur rocailleuse, avant que la période évangélique n'y ajoute une ferveur prêcheuse. Le tournant le plus commenté survient sur Time Out of Mind (1997) : le critique Rob Sheffield la décrit dans le Rolling Stone Album Guide comme un « sinistre grondement de pot d'échappement rouillé », un timbre éraillé que la production embuée de Daniel Lanois enveloppe encore davantage — au point de diviser la critique, certains saluant une renaissance, d'autres regrettant une voix noyée sous les effets. Les albums de standards des années 2010 la révèlent enfin dans un registre inattendu, presque feutré, loin de l'image du chanteur enroué.

Sources
Rob Sheffield, The New Rolling Stone Album Guide, 2004
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