Tarantula
Recueil de prose poétique expérimentale, écrit en pleine effervescence créative des années 1965-1966, dans la veine des poètes beat. Sa publication, prévue dès 1966, est repoussée de cinq ans par l'éditeur après l'accident de moto de Dylan.
Composé au moment le plus prolifique de la carrière de Dylan, entre Bringing It All Back Home et Blonde on Blonde, Tarantula prolonge en prose le déferlement d'images de ces disques : un texte sans ponctuation orthodoxe, aux associations libres, hérité de William Burroughs et d'Allen Ginsberg autant que du be-bop.
Sa publication, calée sur 1966 par l'éditeur Macmillan, est ajournée par l'accident de moto de juillet de cette année-là — puis par les réticences mêmes de Dylan. Le texte circule pourtant largement sous forme de copies pirates dès le milieu des années 1960, au point que sa sortie officielle, en 1971, est accueillie comme un non-événement par une partie de la critique : dans le New York Times, Robert Christgau tranche que le livre « n'est pas un événement littéraire, parce que Dylan n'est pas un écrivain ». L'ouvrage reste aujourd'hui surtout lu comme une pièce à part dans l'atelier d'écriture de sa période électrique, plus que comme un roman à énigme à percer.